Je développe une pratique artistique centrée sur le papier, la lumière et la narration. Je crée des sculptures et des dioramas en papier découpé ou papier mâché, pensés comme des espaces de contemplation et de veille.
Mon travail s’inscrit dans un territoire de recherche que je nomme Lumaginarium : un ensemble de chambres de veille, œuvres lumineuses et narratives, où les images apparaissent par transparence, superposition et lenteur. La lumière n’y est jamais décorative ; elle agit comme un révélateur, faisant émerger des formes qui ne se donnent pas immédiatement.
Je travaille le papier comme une matière organique, presque vivante. Découpé, ajouré, fragilisé, il devient une peau traversable, un seuil entre visible et invisible. Le filigrane est au cœur de ma démarche : non comme motif, mais comme condition d’apparition.
Mon univers convoque des formes marines, végétales et chimériques. La mer y est omniprésente, envisagée comme matrice, mémoire et ventre fécond — mare mater. Les corps qui émergent dans ces œuvres sont hybrides, poreux, en transformation, à la frontière du sacré et de l’intime. Les questions liées au corps féminin, à la métamorphose et à la norme traversent également mon travail, sans illustration directe, mais par des récits sensibles et silencieux.
Ma démarche privilégie le temps long, le geste manuel et l’attention. Je conçois mes œuvres comme des chambres plutôt que comme des objets : des espaces à habiter, à regarder lentement, à travers lesquels quelque chose peut apparaître.